Réfugiés, conservatisme et incompatibilité culturelle

[Transcription partielle en dessous de la vidéo.]

On a tendance à oublier que nous ne sommes pas des individus abstraits, libres et citoyens du monde.
Nous vivons à l’intérieur de communautés bien concrètes, avec des habitudes qui constituent notre mode de jouir, par exemple qui régulent la sexualité. C’est là le noyau de chaque communauté et c’est précisément en ce point que nous sommes différents.
Nous ne devrions pas éviter toutes ces questions. Par exemple, les musulmans arabes qui arrivent en Europe viennent aussi avec leurs mœurs.
Le politiquement correct dit : ” Nous devons leur laisser leurs mœurs. Nous avons les nôtres. Nous devrions nous élever au-delà de ces différences et nous reposer sur l’égalité humaine, les droits de l’Homme …”
Mais ça ne marche pas. Les Droits de l’Homme ou les valeurs universelles ne dépassent jamais les modes de vie bien concrets.
Un exemple en Allemagne. Plus de 2000 jeunes filles de familles immigrées, qui fréquentaient des lycées classiques se sont échappées de chez elles car elles étaient plus séduites par le mode de vie occidentale (boites de nuit, petits copains allemands …). Suite à cela, leurs familles ont exercé une pression sur elles, nous savons dans quel sens.
Elles se sont échappées et ont trouvé refuge auprès de la police. Puis certaines ont été placées dans ce qu’on appelle en Allemagne des “maisons protégées”, qui sont là pour les plus de 20 ans et les filles y sont couvertes par une fausse identité …
Bien sûr, la communauté musulmane dénonce ces méthodes comme une démolition de leur mode de vie.
Soyons honnêtes, d’une certaine façon ils ont raison. Nous ne pouvons pas imposer à la communauté musulmane nos notions de liberté de la femme, le libre choix du partenaire sexuel… et dire en même temps que nous respectons leur mode de vie.
La manière dont une famille traite la femme en son sein et l’élément essentiel de son mode de vie.
Il n’y a rien de facile ici. Mais je pense que vous voyez où je veux en venir : le problème est réel à cet endroit.
L’intolérance des musulmans est souvent exagérée. Il y a une grande histoire de l’intolérance des occidentaux vers les musulmans. Mais il y a aussi l’autre côté de la chose.
Un gauchiste m’a raconté qu’à Berlin, en Suède, au Danemark et en Hollande, la communauté musulmane a attaqué la Gay Pride.
Je ne suis pas entrain de dire qu’ils oppressent nos références. Mais il faut bien admettre que nous devons installer une certaine limite. Et c’est une limite très difficile à renégocier.
Par exemple, quand une fille ne veut pas être voilée, qu’elle est forcée par sa famille de s’habiller de la sorte, et qu’elle vient vers la police et se plaint de ça. Nous devons décider : soit nous disons que c’est leur problème. Soit nous devons respecter une certaine notion de liberté féminine que nous ne tolérions pas.
Peu importe ce que l’on fait, ça sera toujours douloureux.
Si nous ne mettons pas ce sujet sur la place publique et n’en parlons pas ouvertement, nous sommes en train de nourrir les populistes anti-immigrants et dans 10-20 ans nous aurons une Europe terrible où la force prédominante sera le populisme anti-immigration.
Ce n’est pas que nous sommes incompatibles avec les immigrants et qu’ils ne doivent pas venir en l’Europe. Non, nous pouvons même en accueillir encore plus. Mais nous devons absolument parler ouvertement de ce problème et ne pas l’ignorer.
Ignorer ce problème revient à ouvrir le champ aux populistes anti-immigrants qui conduira à une horrible catastrophe d’une nation divisée.
Les libéraux de gauche ferment la porte quand on aborde ce problème en disant que c’est de l’islamophobie et du racisme, alors que des gens ordinaires le vivent tous les jours.

[The book discussed is Against the Double Blackmail. Appeared on Big Think on December 3rd 2016. Minor editing.]